Guillaume Chevance est enseignant-chercheur en sciences du comportement et santé publique au département DEESSE de l’EHESP et au sein de l’équipe émergente Ci2tés de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset). Il s’intéresse au développement et à l’optimisation d’interventions visant à favoriser l’adoption de nouveaux comportements bénéfiques à la fois pour la santé et pour l’environnement. Il évalue également l’impact des politiques publiques sur les comportements, notamment dans les domaines de l’activité physique et des mobilités actives. Après avoir récemment soutenu son Habilitation à diriger des recherches (HDR), Guillaume Chevance revient sur son parcours et ses recherches.

Portrait de Guillaume Chevance, chercheur à l'EHESP
Portrait de Guillaume Chevance, chercheur EHESP – Irset, équipe Ci2tés.

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre parcours ?

J’ai une formation initiale en sciences du sport (STAPS) que j’ai débutée à l’Université Rennes 2. Je me suis rapidement intéressé aux problématiques de santé en lien avec les sciences du sport. J’ai notamment obtenu une thèse à l’Université de Montpellier, portant sur la motivation à pratiquer une activité physique régulière dans le cadre de la maladie chronique. À l’issue de ma thèse, j’ai réalisé un postdoctorat à l’Université de Californie de San Diego, au sein d’une équipe interdisciplinaire en sciences comportementales et e-santé. J’ai travaillé au développement d’interventions numériques via des applications ou des montres connectées. C’est lors de ce postdoctorat que j’ai amorcé mon orientation vers la santé mondiale, en établissant des liens entre les comportements de santé et les problématiques liées au changement climatique. J’ai ensuite rejoint pendant quatre ans l’Institut de Santé Globale de Barcelone (ISGlobal) en tant que chercheur et coordinateur du groupe e-Santé. J’y ai poursuivi mes travaux sur les liens entre changement de comportement, santé et environnement, notamment autour de l’alimentation durable, des mobilités actives et du sommeil en contexte de vague de chaleur. Je me suis également intéressé aux liens entre ces comportements et la santé mentale. En octobre 2024, j’ai rejoint l’EHESP et intégré l’Irset, et j’ai recentré mes recherches sur les questions de mobilités actives au sein de l’équipe Ci2tés.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur vos thématiques de recherche aujourd’hui ?

Dans la continuité de mes travaux antérieurs et dans le cadre de mon poste à l’EHESP, je m’intéresse aux comportements bénéfiques à la fois pour la santé et pour l’environnement, comme les transports actifs. Ainsi, dans le cadre la thèse de Jimmy Camboulives que je co-dirige, je participe au développement d’interventions de changement de comportement visant des co-bénéfices pour la santé et l’environnement. Ces recherches s’inscrivent dans le champ des mobilités actives, en particulier autour des programmes de location longue durée de vélos électriques. L’objectif est de déterminer les conditions qui permettent de créer de nouvelles habitudes de mobilité, et notamment ce qui permet d’adopter le vélo électrique en remplacement de la voiture. Nous souhaitons également étudier l’impact de l’usage du vélo électrique sur la santé mentale. Par ailleurs, en parallèle de mes travaux de recherche avec l’Irset, j’ai également la charge d’animer le Centre interdisciplinaire de santé mondiale (CISM). Cela me permet d’impulser des actions autour des enjeux de santé mondiale et santé planétaire à l’échelle du bassin rennais.

Quelles sont désormais les questions de recherche et les projets que vous souhaitez porter à plus grande échelle ?

Je recentre mes recherches sur les mobilités actives et je me spécialise davantage pour contribuer à l’évaluation et à l’optimisation des politiques à l’interface de la santé publique et de l’atténuation du changement climatique. Je cherche ainsi à comprendre les freins et leviers qui permettent d’adopter le vélo comme moyen de déplacement, en remplacement de la voiture. J’étudie d’une part l’impact de politiques publiques incitatives, comme les programmes de location longue durée de vélo électriques ou encore l’augmentation des prix de l’énergie. D’autre part, je m’intéresse à l’utilisation du vélo chez certaines populations spécifiques, comme les personnes en situation d’obésité ou les personnes reprenant une activité professionnelle après un arrêt de travail pour raison psychique, pour déterminer si cette nouvelle habitude peut avoir des impacts positifs sur la santé mentale notamment. Enfin, j’étudierai l’impact des aléas climatiques (chaleur, pollution de l’air) sur l’usage du vélo, à partir des données issues des bornes de comptage de passages de vélos à l’échelle nationale. L’objectif est de dresser un panorama des conditions et des bénéfices de l’adoption d’un mode de mobilité active comme le vélo, pour permettre de mettre en place et d’optimiser des politiques publiques qui auront un impact positif à la fois sur la santé et sur l’environnement.

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Publié le 10 septembre 2026