Dorcas Daniella Ebedi Nding est doctorante à l’EHESP au sein du laboratoire Irset (UMR 1085). Elle vient de remporter le prix du public lors des qualifications rennaises du concours Ma Thèse en 180 secondes. Avant la finale régionale qui se déroulera à Brest le 10 avril 2026, elle revient sur son parcours et ses recherches.
Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?
Mon parcours n’a rien de linéaire, il ressemble plutôt à un nuage de points épars qui, avec le recul, dessinent une trajectoire cohérente. J’ai d’abord obtenu une licence en électronique, électrotechnique et automatisme, avant de me former et d’exercer comme enseignante de physique et de mathématiques. En parallèle, j’ai fondé Queency Startup, une initiative qui propose des formations pratiques gratuites à des jeunes déscolarisés ou sans emploi. Cette expérience de terrain m’a convaincue que la science n’a de sens que si elle sert concrètement la société. Je me suis alors tournée vers les enjeux qui l’affectent profondément, ce qui m’a ouvert les portes des sciences du climat, et c’est là que mon projet de recherche actuel a pris forme. Aujourd’hui, cette diversité académique me permet de poser des questions à la croisée de disciplines qui se parlent parfois trop peu.
Quel est le sujet de vos recherches ?
Je suis en 2e année de thèse à l’EHESP, sous la direction de Tarik Benmarhnia au sein de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail – Irset. Mes recherches portent sur les événements climatiques extrêmes composés (vagues de chaleur, sécheresses, précipitations extrêmes) et leurs effets sur la santé des enfants en Afrique subsaharienne, l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique. Pris isolément, chacun de ces phénomènes est déjà dévastateur. Mais lorsqu’ils se combinent ou s’enchaînent, leurs impacts deviennent bien plus sévères. C’est précisément cette superposition d’événements climatiques, encore peu étudiée, qui est au cœur de ma thèse. Pour mettre en évidence leurs risques sur la santé des enfants, notamment ceux de moins de 5 ans, je croise des données climatiques avec des enquêtes de santé menées à travers le continent. Les résultats de ce travail permettront de rendre ces risques lisibles pour ceux qui peuvent agir, afin d’anticiper ces crises avant qu’elles ne frappent.
Que représente pour vous le concours Ma thèse en 180 secondes ? Qu’est-ce que cette expérience vous a apportée ?
MT180 est une aventure humaine autant qu’intellectuelle. Elle m’a rappelé qu’une recherche qui ne se raconte pas reste une boîte noire pour ceux qui n’en font pas partie. Vulgariser trois ans de recherche en 180 secondes force à se demander : pourquoi ce travail compte-t-il vraiment ? Le prix du public a été une immense joie, le signe que des personnes extérieures à ma recherche ont été touchées par le sujet. Cela m’a donné encore plus d’envie de continuer à porter ces enjeux au-delà de l’académie, et beaucoup d’énergie pour la finale régionale à Brest, le 10 avril.
Pour aller plus loin
Vidéo
Revoir sa présentation lors de la qualification rennaise du concours MT180 : https://www.youtube.com/live/We32Yo835EM?si=d046jWiNjmTaomeL&t=2189
Publication
Ebedi-Nding, D.D., Tamoffo, A.T. & Mouassom, F.L. (2024). Extremes events and socio-economic impacts in central Africa: a CMIP6-based analysis of projections. Modeling Earth Systems and Environment, 10, 6575–6598 https://doi.org/10.1007/s40808-024-02139-4
CV HAL


