Alors qu’il revient de Rio de Janeiro, où il a présenté ses recherches au congrès international « Global Alcohol Policy Conference », Raphaël Furon nous présente son parcours et sa thèse, qu’il prépare à l’EHESP au sein du laboratoire ARENES (UMR 6051), unité INSERM RSMS.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?

J’ai commencé mes études en 2019 par un DUT GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations) à l’Université d’Angers, avant de poursuivre avec une Licence 3 de gestion et un Master marketing à l’Institut de Gestion de Rennes (IGR-IAE). J’ai ensuite souhaité découvrir le monde de la recherche, et m’orienter vers une approche du marketing davantage tournée vers les enjeux sociétaux contemporains. C’est pourquoi j’ai choisi de m’engager pour la santé publique en rejoignant l’EHESP en 2024 comme ingénieur d’étude puis doctorant en marketing social sous la direction de Karine Gallopel-Morvan.

 

Quel est le sujet de vos recherches ?

Mes recherches portent sur l’efficacité des avertissements sanitaires apposés sur les produits nocifs pour la santé, en particulier l’alcool. Dans le cadre de ma thèse, je m’intéresse à la manière dont ces messages sont perçus, compris et mémorisés par les consommateurs, ainsi qu’à leur influence sur les croyances, les émotions et les comportements. Pour cela, je mobilise notamment des méthodes expérimentales telles que l’eye-tracking, qui permet de suivre le mouvement des yeux sur un écran, et d’analyser l’attention visuelle accordée aux avertissements sanitaires. L’objectif est de mieux comprendre comment les avertissements peuvent être optimisés, dans le but d’amener à des changements de comportements favorables à la santé des populations. Une partie des travaux de ma thèse alimente également le projet européen JAPreventNCDs qui porte sur la prévention contre les cancers et les maladies non-transmissibles.

Vous avez présenté vos recherches lors du congrès GAPC à Rio, qui a rassemblé chercheurs et décideurs du monde entier sur l’alcool. Que retirez-vous de cette expérience ?

Ce congrès a été une expérience vraiment enrichissante pour moi. J’ai particulièrement apprécié la possibilité de rencontrer des acteurs des politiques publiques sur l’alcool venus du monde entier, car chaque pays fait face à des enjeux et à des problématiques spécifiques. Les échanges ne se limitaient pas au cadre scientifique puisqu’il n’y avait pas que des chercheurs mais aussi des représentants de gouvernements, de l’OMS et de la société civile, ce qui permettait des discussions plus concrètes et ancrées dans les pratiques. J’y ai présenté ma revue systématique de la littérature sur les avertissements alcool spécifiques au cancer. Pouvoir en discuter directement avec des experts du sujet a été à la fois stimulant et très formateur.

Pour aller plus loin

 

Publié le 7 mai 2026