Tous les mardis, l’EHESP organise des séminaires sur le campus de Rennes. Ces rencontres qui abordent chaque semaine un thème spécifique, peuvent accueillir des intervenants extérieurs à l’EHESP (ville, Région, experts, chercheurs, industriels, associatifs, usagers, etc). Elles sont destinées aux enseignants, élèves et professionnels et sont ouvertes à tous.

seminaire-du-mardiEn pratique

  • des séminaires ouverts à tous
  • tous les mardis de 13h à 14h
  • à l’EHESP (Amphi Michel Crozier)
    15 avenue du Professeur Léon Bernard à Rennes
  • aucune inscription préalable nécessaire

Prochain(s) séminaire(s)

17 mars 2020 – Annulé

Le label DD&RS pour l’EHESP : une démarche citoyenne et responsable, un engagement participatif

Alessia LEFEBURE, directrice des études à l’EHESP – Armelle CARNET LEBEURRIER, présidente de CIRSES – Estelle BAURES, chargée de mission DD&RS à l’EHESP – Acteurs EHESP mobilisés (personnels et apprenants)

Le 7 janvier 2020, le label Développement durable et responsabilités sociétale (DD&RS) a été attribué à l’EHESP par le Comité de labellisation pour une durée de 4 ans. Ce label valide l’organisation déployée par l’École et la qualité des actions dans le domaine du DD&RS. Lors de l’audit, l’engagement et la démarche concertée de l’École impliquant l’ensemble des personnels et apprenants ont été soulignés. Pour pérenniser cette reconnaissance nationale, consolider cette démarche citoyenne et améliorer les actions existantes, nous vous invitons à participer aux échanges de ce séminaire.

24 mars 2020 – Annulé

Violences de la maternité : peut-on les prévenir ?

Jacques DAYAN, Professeur des universités-praticien hospitalier en pédopsychiatrie (CHU Rennes)

Le principal des violences de la maternité était hier attribué à l’hypothétique « Nature » ou aux seules vulnérabilités individuelles… Ou à la « misère ». Aujourd’hui, avec le formidable développement des sciences, mais aussi avec le réductionnisme auxquelles elles inclinent, une approche interdisciplinaire interactive semble mieux rendre compte d’un tableau aujourd’hui fragmenté de la maternité. L’étendre, à la condition d’un dialogue réel, au-delà des praticiens du soin en période périnatale (médecins, travailleurs sociaux, psychologues) à la fois aux sciences dures (biologie, neurophysiologie) et aux sciences humaines et sociales (sociologie, anthropologie, géographie, sciences politiques) permet d’en aborder la complexité. 

La psychologie et la psychiatrie s’attachent quant à elles à une perspective essentiellement individuelle de la souffrance. Le constat de l’impressionnante fréquence des troubles psychiatriques en période périnatale (20% des mères) n’est rapporté ni à l’organisation sociétale ni aux « mythes » sociaux. Rendent-elles suffisamment compte des vicissitudes psychiques de cette période ? Quel est le degré d’interaction entre dimension sociale et psychologique/psychiatrique ?

Cette conférence veut être un dialogue entre un psychiatre et une sociologue sur l’objet « émergent » d’une maternité pas forcément heureuse et comment cette maternité problématique est portée et traitée par la société contemporaine.

31 mars 2020

Recherches participatives et recherches actions dans le champ des aides humaines : l’exemple des pratiques de vote des personnes en situation de handicap

Cyril DESJEUX, sociologue et directeur scientifique chez Handeo.

Le livre « Vote et Handicaps » (2020, PUG) publié par Cyril Desjeux, Directeur scientifique de Handéo services, est une concrétisation du processus de production de connaissance partagée réalisé par Handéo. Il repose sur une recherche participative qui a associé des représentants d’usagers, des professionnels, des représentants des pouvoirs publics et des chercheurs. Ce travail a ainsi donné lieu à un rapport technique pour les personnes en situation de handicap, les acteurs de l’aide à domicile, et plus largement le secteur social, médico-social et sanitaire. Par la suite, ce rapport a permis de produire des outils (guide, tutoriel et kit de sensibilisation) en concertation avec un collectif d’acteurs « ressources » et de mettre en place des actions concrètes en territoire (ateliers, animations de groupe, café-débats, etc.). L’agrégation de ces données ainsi que la pérennisation de la réflexion a permis également de produire une connaissance plus théorique et ainsi prendre la forme d’un livre. La particularité de ce processus de production de connaissance est qu’il a été également traversé par une réforme ne permettant plus à un juge des tutelles de retirer le droit de vote.

L’objectif de cette présentation sera d’essayer de restituer la dynamique de ce type processus ainsi que les enjeux scientifiques, pratiques, politiques et éthiques que cette dynamique recouvre concernant l’exercice du droit de vote des personnes en situation de handicap.

7 avril 2020

La Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées et son application en France 10 ans après sa ratification

Marie CUENOT et Emmanuelle FILLION, sociologues à l’EHESP

En 2010, l’Union européenne et la France ratifiaient la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées adoptée en 2006 par l’ONU. Cette convention a pour objet de promouvoir, protéger et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales des personnes handicapées à égalité avec les autres. Elle ne crée pas de droits nouveaux ou spécifiques pour les personnes handicapées, mais elle précise la façon dont les différentes catégories de droits – civils et politiques, économiques, sociaux et culturels – s’appliquent aux personnes handicapées et les adaptations nécessaires pour que ces droits puissent être effectifs dans les différents domaines de la vie sociale. Elle repose sur une conception inclusive de la société : le handicap est pensé comme une question transversale concernant l’ensemble des politiques publiques et pas seulement les politiques sociales.

En ratifiant cette convention, la France s’est engagée à mettre en conformité son corpus législatif et à assurer concrètement l’effectivité des droits. À la différence de beaucoup de conventions internationales, celle-ci a un caractère contraignant : les états parties s’engagent à rendre des rapports sur sa mise en application, à recevoir la visite d’un Rapporteur des droits qui en évalue l’état d’avancement, etc.

Dix ans après la ratification, le Comité des droits souligne les progrès accomplis par la France, mais soulève une certain nombre de points qui restent problématiques. Nous analyserons donc ces points de convergence et de dissonance.

28 avril 2020

Drogues. Changer la donne

Cédric GOUVERNEUR, journaliste

Ce numéro de Manière de voir du MONDE diplomatique – Drogues. Changer la donne – compile des enquêtes et analyses réalisées dans les différents continents. La politique mondiale de répression des stupéfiants n’empêche pas le développement des productions ni celui de la criminalité . Car imaginer un monde sans drogues — comme sans alcool ni tabac — est illusoire et idéologique. Des pays tentent d’autres approches. Ils dépénalisent, voire régulent, la production, le commerce et l’usage.  Mettre en avant la santé pour assurer la sécurité, et non plus l’inverse : ainsi se résume la philosophie novatrice qui soutient ces politiques. Un pari sur l’éducation, qui rappelle celui qui caractérisa la fin de la prohibition de l’alcool. Et la France, premier consommateur de cannabis de l’Union européenne ? Cédric Gouverneur, journaliste, a notamment enquêté sur le capitalisme débridé du cannabis en France, qui persiste à réprimer son usage. Et c’est là que le bât blesse. Si elle reste intraitable avec les drogues illicites, elle l’est beaucoup moins avec l’alcool, la France étant aussi dans le peloton de tête pour la consommation d’alcool ou de tabac, dont les études montrent l’impact sur les plus pauvres. En matière de substances psychoactives, on ne pourra longtemps faire l’économie d’un débat.

 

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Mis à jour le 18 mars 2020