Tous les mardis, l’EHESP organise des séminaires sur le campus de Rennes. Ces rencontres qui abordent chaque semaine un thème spécifique, peuvent accueillir des intervenants extérieurs à l’EHESP (ville, Région, experts, chercheurs, industriels, associatifs, usagers, etc). Elles sont destinées aux enseignants, élèves et professionnels et sont ouvertes à tous.

seminaire-du-mardiEn pratique

  • des séminaires ouverts à tous
  • tous les mardis de 13h à 14h
  • à l’EHESP (Amphi Michel Crozier)
    15 avenue du Professeur Léon Bernard à Rennes
  • aucune inscription préalable nécessaire

Prochain(s) séminaire(s)

5 novembre 2019

« Je souhaite retrouver liberté et dignité dans les meilleurs délais. » Le recours au(x) droit(s) de majeurs protégés contre leur gré.

Julie MINOC, sociologue au laboratoire Printemps (UVSQ-CNRS).

En France, en 2019, plus de 800 000 adultes vivent sous une mesure civile de tutelle ou de curatelle, exercée par un membre de leur famille ou un professionnel. Concrètement, être placé sous ce type de « protection juridique », cela signifie être tout ou partie dépossédé de la gestion et des décisions concernant ses biens (revenus et patrimoine) et sa personne (mariage, divorce, choix de son lieu de vie, etc.). Depuis la réforme du 5 mars 2007, le dispositif se veut réservé à des personnes pour qui une « altération des facultés » a été médicalement constatée, pouvant en ce sens apparaître comme un système de discrimination positive, garant du respect des droits de personnes fragilisées. Pour autant, ce placement judiciaire est a contrario pour certains « majeurs protégés » vécu comme « liberticide ». Il constitue une « injustice », une « violation de [leurs] droits » ou de leur vie privée. À leurs yeux, la mesure compense alors moins qu’elle ne génère matériellement et/ou symboliquement un handicap supplémentaire dans des existences sociales souvent heurtées. Si des protestations s’expriment le plus souvent à bas bruit, certains d’entre eux empruntent la voie judiciaire pour la contester. Significativement, l’acte de faire appel présente un paradoxe au regard de la procédure concernée : se mobiliser, démarcher, recourir, raisonner, exprimer sa volonté et ses préférences, voilà qui constitue un ensemble d’actions et de compétences cognitives et pratiques dont le défaut observé a pu susciter et justifier la demande sociale de mise sous protection. Qui sont ces contestataires ? Quelles sont leurs raisons d’(ré)agir ? Que cela révèle-t-il des usages sociaux du dispositif des tutelles, de son fonctionnement et des normes promues ? Dans un contexte de montée en puissance de la référence aux droits fondamentaux, comment l’institution répond, s’adapte, ou légitime le dispositif face à ses gouvernés les plus récalcitrants ?

19 novembre 2019

Hkind, la start-up tech for good qui rêvait de décloisonner la santé

Alice de MAXIMY, Fondatrice de hkind

L’une a lancé hkind APP, l’autre a tout lâché pour la rejoindre. Ces deux actrices de santé publique sont certaines que cette solution digitale permettra un maillage territorial démocratique et efficace de santé, et que hkind APP sera le wagon qu’il manque pour réellement fluidifier le parcours du patient. hkind APP permet à  tous les acteurs de santé (patients, aidants, professionnels, entrepreneurs, bénévoles) de partager de façon ultra simple et ciblée leurs initiatives de santé, et de rentrer en contact les uns avec les autres en un clic. Si les acronymes de la santé publique régionale, nationale ou internationale, n’ont plus de secret pour elles, Alice de Maximy et Marie Thubeuf-Luks parlent désormais couramment le « strat-upien », BA, AB test, google ads, fb ads, SEO, SEA, Deck, Pitch, VC, Hackathon, Datathon, Canva, Agile, PWA… Venez les écouter raconter la genèse d’une start-up et discuter de leur prochain enjeu : le déploiement sur le territoire.

26 novembre 2019

Le rôle des aumôniers dans les hôpitaux et établissements sanitaires et médico-sociaux.

Isabelle MEYKUCHEL, aumônier national des hôpitaux et des établissements sanitaires et médico-sociaux auprès de la fédération protestante et Costantino FIORE, aumônier national des établissements de santé pour le culte catholique.

Ce séminaire sera l’occasion de présenter les activités des aumôniers des établissements de santé et des
établissements sanitaires et médico-sociaux. Ces activités, placées sous l’autorité des chefs d’établissement, obéissent à des règles particulières qui seront exposées.

3 décembre 2019

Le projet Sérafin PH

Frédéric VERGNAUD et Clément FUSTIER, chargés de mission Sérafin-PH (CNSA – Direction des établissements et services médico-sociaux)

Le projet SERAFIN-PH a pour objet de mettre en œuvre un nouveau modèle de financement des établissements et services médico-sociaux accompagnant des personnes en situation de handicap. Cette réforme vise à proposer une évolution des modalités d’allocation des ressources qui soient lisibles, équitables et objectivées pour répondre aux besoins des personnes accompagnées. En poursuivant les objectifs de fluidification des parcours et de personnalisation des accompagnements dans le cadre d’une société inclusive, le projet SERAFIN-PH doit participer à faciliter la transformation de l’offre médico-sociale. Projet au long court débuté en 2014, le projet SERAFIN-PH se situe actuellement dans une phase charnière, avec la poursuite de l’exploitation des résultats des enquêtes et études socio-économiques menées auprès de volontaires du secteur médico-social, le choix d’un modèle de financement et le démarrage de sa modélisation. Dans ce contexte, il est important d’informer les professionnels d’aujourd’hui et de demain des premiers éléments de bilan de cette démarche co-construite, de ses enjeux et de ses perspectives.

7 janvier 2020

Pourquoi un tel engouement pour les politiques publiques visant à agir sur les comportements individuels ? Présentation de l’ouvrage collectif Le biais comportementaliste.

Jeanne LAZARUS, chercheuse (CSO – Sciences Po, CNRS) et Patrick CASTEL, chercheur (FNSP, CSO – Sciences Po, CNRS).

Les économistes et psychologues comportementaux ont identifié une série de biais cognitifs qui expliqueraient à eux seuls pourquoi nos décisions, qui devraient être toujours conformes à nos intérêts, sont souvent irrationnelles. Ils proposent que l’action publique s’appuie sur ces mêmes biais afin d’orienter nos choix. Grâce à ces « nudges », nous sommes incités à adopter un comportement favorable à la résolution de multiples problèmes, écologiques, sanitaires, ou encore fiscaux, sans y réfléchir ni même avoir besoin d’en comprendre les enjeux. Le principal biais n’est-il pas de réduire les questions politiques et sociales à des problèmes de comportements individuels ? Cet ouvrage propose une analyse critique de ces savoirs et de leur application, et en explique le succès et les limites.

14 janvier 2020

(Se) former par l’enquête : une expérience à vivre

Florence OSTY, sociologue intervenante (Collectif SAFIR), directrice de l’Executive Master « Sociologie de l’entreprise et stratégie de changement » à Sciences Po Paris et chercheure associée au LISE (CNAM-CNRS).

La pratique de l’enquête sociologique réfère à des usages variés dans les organisations : anticiper des changements à venir, réagir à des signaux de crise, soutenir des dynamiques d’apprentissage. Comprendre les dynamiques sociales pour concevoir des dispositifs d’action sur mesure, telle est une des ses vertus dans une perspective intervenante. La présentation de l’ouvrage « Enquêter dans les organisations » paru aux PUR en 2019, par Florence Osty, une des trois auteures (avec Anne-Claude Hinault et Laurence Servel) ouvrira la « boite noire » de l’enquête à partir de nombreuses situations empiriques vécues par les auteures. On explorera deux registres :

  • Former par l’enquête : quelles sont les ficelles de cette pratique, pourquoi faire le pari pédagogique de la formation par l’enquête, quelle histoire de cette pratique  de formation ?  quelles sont les avancées en termes de méthodes d’enquêtes qualitatives ?
  • Se former par l’enquête  : quelle est la nature de l’expérience vécue ? En quoi ce détour est-il instructif pour des managers et cadres ? En quoi l’enquête de terrain est une expérience qui soutient la réflexivité ? En quoi la recherche en sciences sociales alimente un management tenant compte des situations de travail concrètes et des dynamiques sociales ?

4 février 2020

L’approche par l’art comme processus d’agentivité avec les jeunes

Helyett WARDAVOIR, enseignante-chercheure coordinatrice de la spécialisation en art thérapie à la Haute École Libre de Bruxelles, membre du GIFFOCH

S’intéressant principalement aux dimensions sociales et psychosociales des situations de vie en errance ou en placement des jeunes, c’est au cœur des modes d’interactions entre individus, groupes et institutions que se situe cette recherche-action qui s’inscrit dans un courant pragmatique-émergentiste. Celle-ci utilise l’approche narrative et artistique comme dispositif de récolte des données et de production de savoirs dont l’objectif est la construction d’une forme d’intelligence collective avec des groupes de jeunes peu habitués à être impliqués dans les processus de décision qui les concernent.

31 mars 2020

Recherches participatives et recherches actions dans le champ des aides humaines.

Cyril DESJEUX, sociologue et directeur scientifique chez Handeo.

Handeo réalise depuis plusieurs années un travail empirique afin d’analyser l’adéquation des besoins et attentes des personnes en situation de handicap par rapport à l’offre de service à la personne, au regard de l’ensemble de l’offre sociale, medico-sociale et sanitaire. La connaissance produite par ces travaux repose sur une dynamique de concertation entre les parties prenantes et a vocation à agir sur le social.

 

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Mis à jour le 13 novembre 2019