L’Université Sorbonne-Paris-Cité (USPC) et l’EHESP se sont associées pour créer une Chaire dédiée à l’étude de l’exposome. Cette Chaire, financée pour 3 ans, est accueillie au sein du LERES – Laboratoire d’étude et de recherche en environnement et santé, plateforme R&D en chimie analytique de l’IRSET – Institut de recherche en santé environnement et travail (UMR 1085) et de l’USPC.

Equipe de la Chaire

Arthur David, spécialiste en métabolomique et docteur en chimie environnementale, est le titulaire de la chaire. Un ingénieur d’étude a récemment rejoint l’équipe.

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Objectifs

L’objectif de cette chaire est d’apporter, à l’échelle populationnelle, de nouvelles connaissances relatives aux expositions aux polluants organiques pendant la période prénatale, et de contribuer à la compréhension des mécanismes d’action de ces contaminants.

Afin de répondre à cet objectif, la 1ère étape consiste à implémenter et développer de nouvelles méthodes analytiques non-ciblées sensibles et robustes, adaptées aux matrices biologiques humaines (sang, placenta, liquide amniotique,…) qui peuvent être appliquées à des études épidémiologiques (dont des cohortes mères-enfants) afin d’identifier les mélanges de contaminants pertinents. De nouveaux outils reposant sur ces méthodes non-ciblées seront également développés pour étudier les mécanismes d’action des mélanges de contaminants identifiés.

Thèmes de recherche

L’exposome

Le concept d’exposome, récemment développé, renvoie à l’étude de l’ensemble des facteurs environnementaux (non génétiques) auxquels l’Homme est exposé de sa conception jusqu’à sa mort.

Il est maintenant reconnu que les expositions externes et internes (alimentation, pollutions, microbiome intestinal, médicaments et produits de soin, radiations, stress…) jouent un rôle important sur notre état de santé et peuvent contribuer à l’apparition des maladies non-transmissibles chez l’homme (cancer, maladies métaboliques et obésité, troubles de la reproduction, allergies…). L’Homme est exposé à des mélanges complexes de substances chimiques notamment issues des activités humaines (biocides, détergents, produits de soin et médicaments, plastifiants, solvants…). Certaines de ces substances ont des effets biologiques avérés pouvant avoir un impact sur la santé humaine, comme les perturbateurs endocriniens.

Afin de caractériser notre exposome chimique, il est donc nécessaire de développer de nouvelles méthodes holistiques prenant en compte le plus grand nombre de composés possible.

La métabolomique pour déchiffrer l’exposome chimique

Parallèlement à l’émergence du concept d’exposome, des avancées majeures ont été réalisées récemment dans le domaine de la chimie analytique. Il est désormais possible d’utiliser des méthodes d’analyses non-ciblées reposant sur la spectrométrie de masse à haute résolution pour identifier, sans a priori, les mélanges de contaminants s’accumulant dans les matrices biologiques et, dans le même temps, d’étudier les changements de profils en métabolites endogènes.

Ces techniques analytiques innovantes offrent ainsi des opportunités sans précédent pour déchiffrer l’exposome chimique en identifiant l’ensemble des contaminants auxquels nous sommes exposés et leurs effets associés.

La fenêtre de vulnérabilité prénatale

Pour mieux étudier et comprendre les risques pour la santé, le concept d’exposome nécessite d’être appréhendé de manière dynamique.

La période in utéro est une période critique du développement, car le fœtus est extrêmement vulnérable aux expositions prénatales (déséquilibre nutritionnel, polluants, stress maternel…) qui peuvent engendrer des effets visibles dès la naissance (malformations génitales) ou des effets survenant à plus long terme (développement d’allergie ou asthme, trouble neurologique…).

Actualité de la chaire

Raghad Al-Salhi, docteur en métabolomique a rejoint la chaire depuis octobre 2017 jusqu’à février 2019 afin d’effectuer un post-doctorat sur la caractérisation de l’Exposome chimique.

Une thèse débute le 1er octobre 2018 au sein du réseau doctoral en santé publique, sur les développements analytiques non-ciblés pour caractériser l’« exposome chimique » de matrices biologiques humaines.

Partenaires

La Chaire d’excellence pour l’étude de l’exposome chimique humain (USPC-EHESP) s’appuie sur de nombreuses collaborations développées avec les épidémiologistes, toxicologues et biologistes de l’IRSET et de USPC.

Publié le 2 février 2017