PAROLES D’ALUMNI

JEAN-MARIE QUÉMÉNER est actuellement chef de la mission Europe et International de la Direction de l’eau et de la biodiversité du Ministère de la transition écologique et solidaire. Il a suivi la formation Ingénieur du génie sanitaire (IGS promotion 2005-2006) à l’EHESP.

Portrait de Jean-Marie Quéméner - photo : MTES / DGALN / DEB

Jean-Marie Quéméner, 2018 – Photo : MTES / DGALN / DEB

Qu’est qui vous a amené à l’EHESP ?

Je suis entré comme fonctionnaire à l’École Nationale des Travaux Publics de l’État en 2003. En 3ème année d’école, désireux de m’orienter vers le domaine de l’environnement, j’ai choisi de rejoindre la formation des IGS dispensée par l’EHESP dans le cadre d’un partenariat entre les deux écoles. Il m’a semblé que cette formation était originale et porteuse d’enjeux de société importants.

Quel a été l’impact de votre formation à  l’EHESP sur votre parcours professionnel ?

La formation de l’EHESP a été déterminante pour ma première affectation dans les services du Ministère de l’équipement, devenu Ministère de la transition écologique et solidaire. La formation des IGS m’a permis d’acquérir de très solides bases en matière de traitement de l’eau potable, d’assainissement et de gestion des risques. J’ai commencé ma carrière avec un poste sur l’exercice de l’eau sur le bassin de la Seine, qui m’a alors confronté aux enjeux de la collecte et de la gestion des eaux usées de l’agglomération parisienne ainsi qu’à la protection des captages d’eau potable d’Ile-de-France. Ma double culture santé publique et équipement a été déterminante dans les collaborations que j’ai mises en place avec les services environnement des DDASS et des ARS ensuite.

Pouvez-vous décrire votre activité actuelle et expliquer ce qui vous plait dans l’exercice de votre métier ?

Avec mon équipe, je prépare les positions de la France en vue des négociations du droit européen et international en matière de gestion de l’eau et de protection de la biodiversité. Je suis également impliqué dans des missions de diplomatie économique dont l’objectif est de promouvoir les savoir-faire français à l’international. Ces missions me passionnent car elles me permettent d’appréhender les enjeux de la gestion de l’eau avec de nouvelles approches issues des échanges que j’ai avec mes homologues européens et les grandes institutions internationales (ONU, Banque Mondiale, OCDE…).

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite faire sa carrière dans la santé publique ?

Je me suis éloigné des métiers de la santé publique, mais je pense que les domaines de la santé publique et de la protection de l’environnement ont ceci de commun, c’est qu’ils interpellent et il ne se passe pas une journée sans que les médias ne relaient les enjeux qui leur sont associés. Ces carrières sont passionnantes et grisantes car elles sont au cœur des questions de société et nous demandent de nous ouvrir et de compléter ses compétences en permanence. Nous devons également rester à l’écoute de la pluralité des points de vue et de peser les arguments en les confrontant aux réalités scientifiques et techniques.

Un bon moment de votre scolarité à partager ?

Dans le cadre d’un travail collectif, nous sommes partis avec le professeur d’hydrogéologie déterrer les carcasses de 300 dindes, enterrées 2 ans plus tôt à grand renfort de chaux vive dans un élevage de la campagne rennaise. C’est dans une odeur pestilentielle que nous avons fait le double constat : la chaux formant une gangue imperméable autour des animaux n’avait en rien hâté leur décomposition, et que si le risque de transmission des pathogènes était écarté, l’impact général sur l’environnement et la ressource en eau était assez discutable.

Publié le 21 janvier 2019