Paroles d’Alumni

PHILIPPE SUDREAU est actuellement Directeur Général du CHU de Nantes. Il a suivi la formation de Directeur d’Hôpital (DH promotion 1989-1991) à l’EHESP

Philippe Sudreau - Photo : CHU de Nantes

Philippe Sudreau, directeur général du CHU de Nantes – Photo : CHU de Nantes

Qu’est qui vous a amené à l’EHESP et pourquoi avoir choisi cette formation ?

Après un parcours classique (diplômé de Sciences Po Bordeaux, licencié en Droit) et un passage d’une année à l’Inspection de la Jeunesse et des Sports en Isère, j’ai choisi de présenter le concours de Directeur d’Hôpital (DH) pour la variété de fonctions possibles, la dimension des responsabilités proposées et l’envie de me consacrer au service public hospitalier. Près de 30 ans après, je ne regrette pas ce choix.

Quel a été l’impact de la formation à  l’EHESP dans votre parcours professionnel ?

L’alternance entre formations théoriques à l’École et stages sur le terrain permet de vite se rendre compte de l’étendue des champs d’actions possibles, mais également de la grande complexité du tissu hospitalier. Les stages courts puis longs, que j’ai eu la chance de réaliser au CHU de Bordeaux, ont été des moments clefs dans mon parcours. J’y ai découvert des DH à la fois très disponibles pour un jeune en formation comme moi et soucieux d’accompagner cet apprentissage, avec un vrai compagnonnage qui m’a été précieux. J’essaye, depuis, d’avoir la même attention à l’égard de tous les élèves DH dont j’assure chaque année l’encadrement de leurs stages hospitaliers.

Pouvez-vous décrire votre profession actuelle et expliquer ce qui vous plait dans l’exercice de votre métier ?

Après un parcours varié m’ayant amené à occuper diverses fonctions de directeur-adjoint, j’ai pris une responsabilité de chef d’établissement à l’âge de 42 ans, en tant que Directeur de l’hôpital Saint-Louis à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP). Par la suite, j’ai assuré la responsabilité du Groupe Hospitalier Saint-Louis Lariboisière Fernand-Vidal entre 2010 et début 2014. J’ai été nommé Directeur Général du CHU de Nantes en février 2014, fonction que j’exerce encore aujourd’hui. C’est une tâche difficile mais passionnante. J’adore mon métier, même si les contraintes financières sans cesse renforcées et la pression médiatique croissante rendent notre tâche particulièrement exposée. J’aime ma liberté d’action mais aussi la nécessité de prendre des décisions non pas de manière solitaire mais en créant les conditions d’une vraie gouvernance médico-administrative partagée. C’est cette dynamique collective qui permet de piloter au mieux un « paquebot » de 12 000 personnes.

J’apprécie également  la chance de pouvoir travailler au quotidien avec des équipes de grande qualité : les médecins, les équipes soignantes, l’encadrement et tous nos responsables techniques et administratifs. Je loue ici la compétence et le dévouement de nos équipes hospitalières : elles font honneur à nos missions de service public. J’aime également animer mon équipe de direction, qui est absolument formidable. C’est un vrai plaisir pour moi de travailler tous les jours avec un tel collectif car je considère qu’un chef d’établissement n’est rien sans son équipe. Je pense qu’il faut qu’elle soit soudée, unie et que ses membres aient un vrai plaisir à travailler ensemble, comme une équipe de rugby. On prend des coups tous les jours, mais c’est bien ce collectif-là qui est à la manœuvre et permet de se sortir de toutes les difficultés rencontrées.

Être Directeur Général de CHU c’est également travailler avec beaucoup d’acteurs et de structures extérieures partenaires (élus, organismes de recherche, entreprises, universités). Cette ouverture est une vraie chance, elle m’apporte beaucoup d’enrichissement personnel et professionnel.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite engager sa carrière dans la santé publique ?

Ne jamais oublier le sens de notre action : nous sommes tous, chacun à notre niveau et à notre manière, au service des patients et de leurs familles. Nous ne sommes pas une entreprise qui vend un produit. Le malade doit toujours être au cœur de notre action. Il faut donc sans cesse être vigilant au sens que l’on donne aux actions et prendre les meilleures décisions possibles pour rendre ces dernières lisibles et concrètes.

Un bon moment de votre scolarité à partager ?

Je garde un excellent souvenir de ma scolarité à Rennes, à la fois des cours et des enseignants, mais également je le reconnais, de l’ambiance générale qui était très chaleureuse dans ma promo. J’appréciais aussi fortement la possibilité d’accéder facilement aux courts de tennis ! Cette période de formation est cruciale pour la suite du parcours, il faut s’y consacrer avec implication et enthousiasme.

Publié le 7 décembre 2018