Paroles d’Alumni

MICHEL LAFORCADE est actuellement directeur général de l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine. Il a suivi la formation Inspecteur de l’action sanitaire et sociale (IASS promotion 1979) à l’EHESP.

Michel Laforcade - Photo : ARS Nouvelle Aquitaine

Michel Laforcade – Photo : ARS Nouvelle Aquitaine

Pourquoi avoir choisi de vous former à l’EHESP ?

Rétrospectivement ce choix m’apparaît comme « inconsciemment éclairé ». En entrant à l’EHESP (anciennement ENSP) à 21 ans j’avais le sentiment d’être un peu guidé par le hasard mâtiné de quelques motivations vaguement généreuses : œuvrer pour la santé de tous, participer à l’intérêt collectif… Il m’a fallu quelques années pour m’apercevoir qu’en fait j’avais été fidèle à toute une culture familiale : l’intérêt pour la « chose publique », une croyance dans le rôle de l’État et peut-être plus globalement « le goût des autres ».

Quel a été l’impact de votre formation à  l’EHESP sur votre parcours professionnel ?

La dimension technique de la formation ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, d’autant qu’elle se périme vite. En revanche, l’EHESP a une place privilégiée en tant qu’école professionnelle, à mi-chemin entre la formation universitaire initiale et la pratique professionnelle. À ce titre, elle m’a appris la nécessité de nourrir en permanence la pratique par la théorie et inversement. Elle m’a donné le goût d’asseoir l’action publique sur des pratiques probantes, documentées et évaluées. Elle m’a définitivement persuadé que la promotion de la santé publique est un « sport de combat » tant notre culture est défaillante dans ce domaine.

Pouvez-vous décrire votre profession actuelle ?

Ma profession actuelle me permet d’intervenir dans une grande région à la fois sur l’offre sanitaire et médico-sociale, sur la promotion de la santé publique et avec les professionnels de premiers recours, notamment les médecins libéraux. C’est une occasion assez exceptionnelle de mettre en œuvre une vision systémique de la santé avec ses dimensions de parcours, de transversalité qui seront la grande affaire des prochaines années.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite engager  sa carrière dans la santé publique ?

N’ayez pas peur, prenez des risques et des initiatives. Cela donnera encore plus de sens à un métier qui en a déjà beaucoup. N’écoutez pas trop ceux qui vous parlent en permanence des contraintes de leur métier. Ils ne sont pas suffisamment sensibles à tous les espaces de liberté dont nous disposons.

Un bon moment de votre scolarité que vous souhaitez partager ?

Nous aimions beaucoup le sport. Les courts de tennis étaient fréquentés. Nous avions créé deux équipes de foot qui allaient même défier l’IRA de Nantes et – ce qui était encore mieux – une équipe de rugby lorsque nous arrivions à rassembler la colonie du Sud-Ouest. Finalement cette école avait en 1978 un côté « Old school » britannique, inspirée de l’Antiquité gréco-romaine. Cet équilibre entre exercice physique et activité cérébrale a été plus difficile à trouver dans la suite de ma carrière.

Publié le 7 décembre 2018