Paroles d’Alumni

NATHALIE LE LAY est actuellement formatrice à L’École Nationale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (ENPJJ). Elle a suivi le Master 2 Jeunesse : politiques et prises en charge au sein de la promotion 2012-2013 à l’EHESP. (Depuis 2017 cette formation est intitulée Master 2 « Enfance, jeunesse : politiques et accompagnement – ENJEU »).

Nathalie Le Lay - Photo : ENPJJ

Nathalie Le Lay – Photo : ENPJJ

Qu’est-ce qui vous a amenée à l’EHESP et pourquoi avoir choisi ce parcours ?

J’ai découvert la création du master « Jeunesse : Politiques et Accompagnement » en 2012 via un chercheur rennais. J’étais alors éducatrice à la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Je venais de terminer un Diplôme Universitaire sur les adolescents en difficulté et je souhaitais poursuivre une réflexion plus générale sur les politiques publiques et la jeunesse, sans que le « problème » soit forcément la porte d’entrée. Par ailleurs, je recherchais des confrontations de regards sur ce thème ; des lieux d’apprentissages et de réflexions composés de professionnels et d’étudiants d’autres univers institutionnels que le mien, afin d’enrichir ma pratique et mon approche. La possibilité de pouvoir mener de la recherche m’intéressait également.

Quel a été l’impact de votre formation à l’EHESP sur votre parcours professionnel ?

En formation continue durant ce cursus, j’ai pu prendre du recul sur ma pratique, sur les enjeux autour de la jeunesse, en prenant mieux en compte les représentations de la jeunesse, ses définitions et les dispositifs existants, locaux et nationaux (voire européens).

Je me suis autorisée à envisager d’autres perspectives professionnelles, toujours en lien avec la jeunesse. J’ai également beaucoup plus investi la recherche et la méthodologie expérimentée à l’EHESP. Aujourd’hui, je continue d’être en lien avec d’anciens étudiants, enseignants et intervenants, ressources dans ma pratique professionnelle actuelle.

Pouvez-vous décrire votre profession actuelle et nous expliquer ce qui vous plait dans l’exercice de votre métier ?

Je suis actuellement formatrice à l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse. L’école assure la formation continue des professionnels de la PJJ et la formation initiale des éducateurs. J’exerce au sein d’un pôle de formation en région (Grand Ouest). Je suis chargée, au sein d’une petite équipe, de concevoir l’ingénierie et l’animation de formations auprès des professionnels et futurs professionnels PJJ. Ces formations convoquent différentes disciplines (sociologie, psychologie, droit, management…) et s’inscrivent dans les politiques publiques relatives à la jeunesse. De nombreuses formations sont ouvertes à d’autres professionnels, concourant aux parcours des mineurs et jeunes majeurs, et sont assurées par des intervenants internes ou externes, professionnels de terrain, chercheurs… Il s’agit donc toujours d’être en prise directe avec les enjeux propres à la jeunesse aujourd’hui, à travers les orientations politiques, les recherches produites et les dispositifs existants.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite faire sa carrière dans la santé publique ?

Il est toujours important de se confronter à des logiques différentes, de construire un parcours dans différents services afin de multiplier les approches d’une même question, d’expérimenter des modalités différentes d’accompagnement et de mieux comprendre les missions des différents professionnels et institutions, afin de pouvoir articuler en bonne intelligence son action avec celle des autres.

Un bon moment de votre scolarité à partager ?

Je me souviens d’un travail à exposer, en binôme, sur les politiques de la jeunesse en Lituanie, avec une ambitieuse présentation à partir d’un contact téléphonique avec une jeune lituanienne. Une véritable incursion en pays inconnu, qui a donné lieu à des fous-rires durant les soirées de travail.

J’ai aussi le souvenir de joyeux trajets collectifs pour aller à la rencontre de professionnels dans les départements voisins, ou sur un marché à proximité. Mélange générationnel, mélange d’attentes et presque plus de carburant sur la route de Laval.

Publié le 7 décembre 2018