Paroles d’Alumni

MATHIEU ESTIVAL est actuellement chef de projet chargé de l’émergence des projets e-santé GCS SIMPA. Il a suivi le Master pilotage des politiques et actions de santé publique (PPASP – promotion 2012-2013) à l’EHESP.

Mathieu Estival, 2018

Pourquoi avoir choisi un parcours à l’EHESP ?

Ingénieur biomédical hospitalier dans la première partie de ma carrière, mon périmètre d’action se limitait uniquement à l’échelle de l’établissement de santé. Mais certaines expériences m’ont fait entrevoir les problématiques des parcours de santé sur une autre échelle : celle d’un territoire. J’étais curieux de comprendre l’ensemble de cette chaîne de soins dont mon action ne s’inscrivait que sur un seul maillon. Cette curiosité était telle que j’ai souhaité me réorienter. Ma première démarche a alors été de me tourner vers l’EHESP, dont la renommée des enseignements n’est plus à faire.

Quel a été l’impact de votre formation à  l’EHESP sur votre parcours professionnel ?

L’EHESP a eu un effet « boost » du point de vue personnel : ouverture d’esprit et affirmation de soi ont été des bénéfices réels lors de cette année de formation. Côté professionnel, l’acquis le plus important aura été l’apprentissage de la conduite d’un projet partenarial, ou comment fédérer un groupe de professionnels sans utiliser des leviers hiérarchiques ou financiers. L’EHESP m’a permis de développer cette compétence, voire ce savoir-être. Cela m’a permis d’aborder en toute confiance mon poste actuel d’animation territoriale autour du numérique en santé. Ces compétences sont aujourd’hui autant reconnues et valorisées que la très bonne connaissance des organisations en santé enseignée par des intervenants de haute qualité.

Pouvez-vous décrire votre profession actuelle et ce qui vous plait dans l’exercice de votre métier ?

Je travaille désormais dans un Groupement de Coopération Sanitaire e-santé régional chargé de promouvoir et développer les usages numériques en santé. Le quotidien est ponctué d’échanges avec un éventail très large d’acteurs de santé et c’est la richesse de ce poste. Sur chaque projet, mon travail consiste à traduire les intérêts et attentes de chacun, d’en faire la synthèse puis de faire émerger une nouvelle organisation où chacun trouve son intérêt sans « chambouler » le travail quotidien des professionnels.  Un exemple : la mise en place d’un projet de télémédecine a enfin permis de faire guérir les plaies complexes de résidents d’EHPAD en milieu rural. Auparavant ces plaies ne pouvaient pas être traitées du fait des difficultés de transport liées à l’éloignement entre l’EHPAD et le spécialiste. La coordination que nous avons conduite aboutit donc à des résultats qui sont visibles et c’est l’aspect le plus valorisant dans ce métier.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite faire sa carrière dans la santé publique ?

Soyez extrêmement curieux, humbles et cherchez toujours à comprendre vos interlocuteurs, qu’ils soient professionnels de santé ou patients. Faites leur confiance. Évitez les a priori. Rappelez-vous toujours que notre action consiste seulement à proposer et aider et non à diriger ou influencer : c’est le professionnel de santé qui doit faire face au patient, c’est le patient qui doit faire face à sa maladie. Il faut donc être créatif, avec un seul objectif : être facilitateur.

Un bon moment de votre scolarité à partager ?

Je retiens surtout l’enthousiasme et la ferveur des élèves de ce master venant d’horizons complètement différents et qui ont traversé ensemble des périodes de travail intense. Voir se conjuguer les valeurs des « anciens » élèves issus de la formation continue, avec l’énergie des élèves en formation initiale, était quelque chose de très régénérant, porteur de belles perspectives. Le lien créé était tel qu’il a été compliqué de se séparer au moment des stages.

Publié le 20 novembre 2018